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Solutions de crise - Relance de l'économie par la croissance et le crédit

  • Que faire si les banques décidaient de réduire la production de crédit ?

    Avec la crise financière qui s'est abattue sur nos sociétés, l'idée d'instaurer une séparation entre les métiers de banque de détail et banque d'investissement a commencé à faire son chemin. Pour une grande banque cotée en bourse, les gains financiers liés aux opérations boursières sont beaucoup plus intéressants pour elle que la production de crédit. Si une autorité décidait de réformer le secteur, il n'est pas impossible que les banques se mettront à réduire le flot de prêts. Facile d'imaginer à quel point la situation économique du pays en serait détériorée, qu'il s'agisse des entreprises en recherche de financements ou des emprunteurs particuliers. Afin d'éviter cette crise, le gouvernement pourrait prendre un certain nombre de mesures pour relancer le marché du crédit.

     

    Les entrepreneurs pourraient se financer via un fond d'investissement public

    Pour qu'une activité économique puisse voir le jour, il est primordial pour un entrepreneur de réussir à réunir les fonds nécessaires pour créer son entreprise. Pour y arriver, la banque est un passage quasi-obligatoire. Les banques et les organismes de crédit sont les seuls étant habilités à prêter avec taux d'intérêt aux particuliers et aux professionnels. Une baisse majeure de la production de crédit serait sans précédent dans l'histoire moderne du pays. De son côté, l’État a le pouvoir d'anticiper un éventuel verrouillage bancaire par la création d'un organisme bancaire de substitution chargé de financer la consommation de biens et de services ainsi que la création d'entreprise. Pour qu'elle puisse pleinement jouer son rôle, cette banque devra être dotée dès son lancement d'une importante force de frappe de plusieurs milliards d'euros. Les fonds nécessaires au lancement de cette nouvelle banque pourraient être débloqués sous la forme d'une subvention publique d'envergure.

    L'autre solution serait de solliciter directement les contribuables et les entreprises souhaitant voir ce projet aboutir en leur demandant une participation sous forme de prêt. Pour les convaincre de la nécessité de ce projet, le gouvernement qui sera en place devra expliquer clairement les risques que le système bancaire fait courir au pays en réduisant le flux de crédits.

     

    Mettre en relation les épargnants avec les demandeurs de crédit

    La deuxième solution serait de faire appel aux épargnants pour qu'ils jouent le rôle de prêteurs. Concrètement, un site institutionnel de crédit entre particuliers pourrait voir le jour et s'affirmer en tant que tiers de confiance entre les prêteurs et les emprunteurs. Au niveau de sa présentation et de ses fonctionnalités, le site aura tout l'air d'un site communautaire de financement, mais avec tous les attributs d'un organisme de crédit. Concernant l'offre en elle-même, elle sera en tout point identique à celle des sociétés de crédit traditionnelles. Pour l'emprunteur, c'est comme s'il faisait sa demande de crédit sur le site d'une banque commerciale, sauf que celui qui lui prête l'argent est un particulier comme lui. Si ce mode de financement apparaît comme intéressant pour les emprunteurs, il l'est d'autant plus pour les prêteurs particuliers qui bénéficieront d'un rendement quasiment à la hauteur de la moyenne des taux d'intérêt actuels.

    Si le projet porte ses fruits avec le crédit à la consommation, il pourrait à terme s'appliquer au bénéfice des petits entrepreneurs en recherche de financement. Par ce biais, les investisseurs particuliers constitueraient une alternative à la fois plus humaine et plus motivante pour les entrepreneurs. Vu le fait que quelques sites de prêt entre particuliers soient déjà présents sur le marché, ce nouveau service devra faire la preuve de son réel apport afin d'attirer le plus d'épargnants possible. Le site devra de ce fait mettre l'accent sur le potentiel de rendement comparativement à celui des produits bancaires actuels (assurance-vie, livrets, sicav etc.).

     

    Inciter les assurances à jouer le jeu

    En vue du bon déroulement du projet, les gestionnaires devront s'assurer de la pleine et entière coopération des assureurs privés. Les assurances ont un rôle de première importance dans le déroulement d'une demande de financement car elles permettent de sécuriser les co-emprunteurs. Pour convaincre les assureurs, l’État pourrait par exemple leur proposer de défiscaliser les bénéfices issus des contrats signés avec les emprunteurs. Il peut être aussi envisageable de donner la possibilité aux assureurs de conditionner le crédit à la souscription d'une ou plusieurs offres d'assurance autres que l'assurance emprunteur.

     

    En cas de succès de l'opération, il est fort à parier que les banques commerciales réintégreraient progressivement le marché du crédit au vue des perspectives de croissance. Il est clair que si les banques continuent à favoriser les opérations boursières au détriment de leur métier originel de crédit, les épargnants choisiront de plus en plus de confier leur argent à des entités plus responsables et plus fiables.

     

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